Le chat des sables

A la découverte du chat des sables

8 mars 2019

Tous les chats ont indéniablement un côté mystérieux et nos chats domestiques ne font pas exception à la règle. Mais parmi les chats sauvages, il y en a qui gardent une sacrée part de mystère. Ce qui rend leur étude encore plus passionnante !

Sur ce blog, j’ai déjà parlé du chat de Pallas qui étonne autant pas son aspect que par son comportement.

Mais il y en a un autre qui reste énigmatique par bien des aspects, c’est le chat des sables.

Car ce chat, un peu plus petit qu’un chat de maison, parvient à vivre dans des conditions extrêmes. En effet, il vit exclusivement dans des déserts de sable arides et peut supporter des températures allant de -5 à plus de 50°C !

Et comme il se fait très discret, pas simple d’en apprendre un peu plus sur lui. C’est pourtant la mission que s’est donnée une équipe de Panthera en allant à sa rencontre avec beaucoup de patience et de persévérance. Et ils ont ramené des images formidables.

Alors comment fait-il pour survivre ? Où peut-on le trouver ? Et quelles sont ses particularités ?

Allez, je vous emmène à la découverte du chat des sables, un petit félin qui garde toute sa vie un look de chaton !

Qui est-il ?

C’est un très petit félin. Pas le plus petit au monde cependant car la 1ère place revient au chat rubigineux suivi du chat à tête plate et du chat à pieds noirs.

Son poids à l’âge adulte est de 2 à 3 kg. Ce qui reste inférieur à la moyenne de nos chats de maison.

D’ailleurs, en parlant du chat domestique, le chat des sables n’est pas bien loin dans l’arbre généalogique. Car non seulement, il fait parti des félinés (c’est à dire les petits félins) mais il appartient aussi à la branche des Felis sous le nom savant de Felis margarita.

le chat des sables dans l'arbre généalogique des félins

le chat des sables dans l’arbre généalogique des félins (cliquer pour agrandir)

Son parent le plus proche est le chat sauvage (Felis silvestris), lui-même parent du chat domestique (Felis silvestris catus). Il n’est donc pas étonnant que son apparence physique soit très proche de notre chat domestique.

Particularités physiques et adaptation

Le chat des sables est un bon exemple d’une adaptation réussie pour survivre en milieu extrême.

La première chose qui saute aux yeux, ce sont ses grandes oreilles triangulaires, très écartées mais non situées sur les côtés de la tête comme pour le chat de Pallas. Elles lui permettent d’évacuer plus facilement la chaleur de son corps. Mais aussi d’entendre le mieux possible une proie éventuelle (rongeurs, lézards, serpents, oiseaux, insectes). Comme elles sont rares, mieux vaut avoir l’ouïe fine ! Il est capable de les entendre même si elles sont enfouies sous le sable.

Chat des sables au Parc des Félins

Chat des sables au Parc des Félins, juin 2018 (cliquer pour agrandir)

La tête est large. Le museau est fin, presque pointu et le fait ressembler un peu à un fennec. Il a de chaque côté de la tête une bande foncée qui part du coin externe de l’oeil vers l’arrière.

Pour pouvoir marcher sur le sable brulant, il a des poils épais sous les pattes qui recouvrent même les coussinets. Cela constitue un excellent isolant thermique.

Et puis surtout, il peut vivre des mois sans boire d’eau car son organisme va se satisfaire de la seule humidité contenue dans ses proies ! Par contre, s’il croise un point d’eau, il ne se privera pas de boire abondamment.

Chat des sables

Son pelage épais est clair, couleur sable sur le dos lui permettant de jouer les caméléons dans son environnement. Son ventre et sa gorge sont blancs. Beaucoup ont des rayures noires horizontales sur les pattes avant.
Les petits ont un pelage un peu plus foncé avec quelques taches qui disparaitront en général à l’âge adulte.

Où peut-on trouver le chat des sables ?

Note : Carte mise à jour sur le site le 31/03/19, source : IUCN Red List of Threatened Species (merci à Grégory Breton pour m’avoir fourni le lien !)

Localisation du chat des sables dans le monde

Localisation du chat des sables dans le monde (cliquer pour agrandir)

Comme je l’ai dit un peu plus haut, l’habitat du chat des sables (felis margarita) est désertique et on peut le trouver essentiellement en Afrique du Nord, au Niger, dans le Sahara, en Arabie, au Pakistan et à l’est de la mer Caspienne.

Le chat des sables s’est adapté aux conditions extrêmes des déserts de sable. Ce qu’il préfère, ce sont les zones où on peut trouver de la végétation clairsemée, des rochers et bien sûr du sable. Car c’est là qu’il peut trouver sa nourriture de prédilection constituée de rongeurs et de petits oiseaux.

Et il s’est si bien adapté à ces conditions particulières qu’il n’est pas très facile à maintenir en captivité. En France cependant, vous pourrez l’observer dans 6 zoos :  Mulhouse, Amnéville, Pont-Scorff, Lyon, le Domaine des Fauves et bien sûr le Parc des Félins.

J’ignore ce qu’il en est pour les autres, mais au Parc des Félins, tout a été fait pour que son enclos reproduise le plus fidèlement possible son environnement aride. C’est pourquoi d’ailleurs cet enclos n’est pas grillagé mais isolé de l’extérieur par des parois de verre. En particulier, il est nécessaire de lui maintenir une atmosphère sèche pour éviter tout problème respiratoire auquel le chat des sables est très sensible.

Il cultive soigneusement sa part de mystère

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le chat des sables fait tout pour garder ses secrets et il n’est pas très facile de l’observer dans la nature.

Très discret et tout petit, il sait très bien se cacher pendant la journée. C’est essentiellement pendant la nuit qu’il part en chasse prudemment sans laisser de trace. Et puis, il est le roi du camouflage avec son pelage couleur sable ! A la moindre menace, il est capable de creuser à la vitesse de l’éclair pour se cacher et il disparait…

Et il est un fait que les chats des sables sont parmi les félins les moins connus car très peu étudiés. On peut espérer que les zones d’habitat repérées sur la carte ci-dessus sont plus étendues qu’on ne le pense. C’est pourquoi il est actuellement impossible de dénombrer la population de chats des sables dans le monde.

De nouvelles découvertes

Cependant, depuis 2013, une équipe constituée entre autre de Gregory Breton (Panthera) et d’Alexander Sliwa (spécialiste mondial du chat à pattes noires) mène des recherches approfondies dans le Sahara marocain. Ils ont pu observer de nombreux chats des sables adultes et en apprendre un peu plus sur ce petit félin.

Ils ont pu constater par exemple que le chat des sables avait de larges territoires et pouvait parcourir de grandes distances. Comme il sait creuser avec une grande efficacité, il peut se réfugier dans ses propres terriers mais il n’hésite pas également à squatter ceux des renards du désert ou d’autres rongeurs. Ce qui lui permet de se reposer dans un endroit un peu plus frais. Au Maroc, il a été constaté qu’il avait tendance à préférer les cachettes entre les rochers ou la végétation.

Le 25 avril 2017, alors qu’une de leurs expéditions touchait à sa fin, à 1h48 du matin, l’équipe tombe sur 3 chatons des sables. Ils parviennent à prendre des photos et même à les filmer. C’est une première ! Il a été estimé que les chatons avaient entre 6 à 8 semaines.

Ce sont des images exceptionnelles qu’ils ont pu faire découvrir au monde entier !

Puis ils ont placé des pièges photographiques pour tenter de les observer une fois l’équipe partie. Voici ce qu’ils ont pu enregistrer :

 

Page Facebook de l’équipe : Sand Cat Sahara Team

Qui est Gregory Breton ?

Grégory Breton, directeur général de Panthera France

Présentation de Grégory Breton au Parc des Félins sur le chat des sables

Amoureux des félins depuis l’enfance, Grégory Breton a participé à la création du célèbre Parc des Félins dont il a été le conservateur et le directeur adjoint pendant 14 ans.

Depuis 2017, il est le directeur général de Panthera France.

Et donc depuis 2013, il monte régulièrement des expéditions au Maroc pour étudier le chat des sables.

Il a partagé sur le site Panthera France son récit de la découverte des 3 chatons. Je vous invite à aller les lire :

Il est prévu d’autres expéditions pour poursuivre les recherches. A suivre de près donc ! (Page Facebook de Panthera France)

Car pour mieux protéger les félins, il est d’abord indispensable de bien les connaitre.

Je rappelle en passant que tous ces magnifiques félins sauvages ne sont pas destinés à venir un jour vivre dans nos salons. Espérons que l’aspect absolument adorable de ce chat ne poussera pas quelques trafiquants à tenter de les sortir de leur milieu naturel. Sa difficulté à survivre hors de son habitat sera peut-être sa meilleure protection…

La menace de l’hybridation

A ce propos, il est bon de rappeler qu’il faut lutter contre la tentation de pratiquer des hybridations entre n’importe quelle espèce de chat sauvage et le chat domestique. Moi-même, je reconnais être tombée, il y a une dizaine d’années, sous le charme du bengal qui provient d’une hybridation entre le chat léopard sauvage d’Asie (Prionailurus bengalensis) et le chat domestique (comme le mau égyptien). Et j’en ai adopté 2. Depuis, j’ai réalisé le double problème que cela causait :

  • L’engouement pour avoir chez soi un chat toujours plus « exotique » et original encourage le trafic de félins sauvages et les met donc en danger.
  • Un des objectifs de la recherche scientifique est d’en apprendre toujours davantage sur toutes les espèces qui peuvent exister et de comprendre comment chacune a évolué dans le temps. Et on parle de millions d’années. L’hybridation pratiquée par l’homme à des seules fins de développer des trafics juteux vient complètement perturber cette évolution. Chats sauvages et chats domestiques sont séparés par quelques millions d’années et ce n’est pas une bonne idée de les réunir artificiellement.

En écrivant cela, je ne souhaite pas déclencher de polémiques mais seulement sensibiliser les amoureux des chats comme moi à des problèmes dont nous n’avons pas toujours conscience.

J’adore mes 2 bengals mais ils sont stérilisés et je n’en adopterai plus d’autres. Ni aucune espèce hybridée comme le Savannah (hybridation avec un Serval) ou encore le Chausie (hybridation avec un Chaus).

J’ajouterai qu’en tant qu’éleveuse, je trouve déjà extrêmement riche la variété des races chez le chat domestique et qu’il faudrait bien plus d’une vie pour toutes parfaitement les connaitre ! Morphologie, caractère, couleur, taille : le monde du chat de race est incroyablement varié et passionnant !

Voilà, j’espère que cette découverte du chat des sables vous a plu. Si Panthera publie de nouvelles découvertes, je ne manquerai pas d’écrire un nouvel article (abonnez-vous à la newsletter pour être prévenu !). J’aime passionnément les félins en général mais j’avoue que le chat des sables me fascine.

N’hésitez pas à visiter le site de Panthera France. Vous pourrez y faire un don si vous le souhaitez : Site de Panthera France

Et puis bien sûr, vous pouvez partager vos impressions dans les commentaires ci-dessous !

Chat des sables au Parc des Félins

Sandrine

Créatrice de sites WordPress et blogueuse porte-parole des chats

1 commentaire

  1. Répondre

    Lucie

    15 avril 2019

    Mais quel animal majestueux ! C’est dur de croire que ce chat peux vivre pendant plusieurs mois sans boire directement de l’eau

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